Coup dur pour nos viticulteurs

Les gels les plus dévastateurs surviennent après un épisode printanier assez doux, quand les températures et l’ensoleillement favorisent le réveil de la nature. Les vignes sortent alors de leur phase de repos hivernal et les bourgeons apparaissent, à la merci du gel.

L’enchainement de températures négatives de ces derniers jours a durement frappé les vignes de l’Irouléguy, dont les premiers bourgeons étaient déjà sortis. Combiné à l’installation de vifs vents du Nord, il s’agit du pire épisode de gel jamais connu depuis 40 ans sur l’appellation.

Cette année, c’est 90% des 270ha du vignoble Irouléguy qui ont été touchés par l’épisode de gel. On peut retrouver quelques différences au niveau local, avec des parties basses très gelées et d’autres un peu moins. Mais même les terrasses situées en altitude, et donc normalement moins impactées par le gel, ont-elles aussi été touchées.

Les dommages constatés sur les vignes varient entre 20% et 90% en moyenne, selon les parcelles. A ce stade, cette estimation reste difficile à préciser : il faut attendre quelques jours voire quelques semaines, lorsque la pousse de la vigne aura repris.

Le gel provoque des symptômes de brûlure, constatés visuellement par des feuilles qui se fanent et des bourgeons brunis.

Des dommages difficiles à prévenir

Ces jeunes feuilles, recroquevillées et noircies, ont été brûlées par le froid.

Bien que les viticulteurs étaient au courant des baisses de températures, ils sont restés impuissants.

Des moyens existent pour limiter les dégâts du gel (éoliennes, hélicoptères, bougies…) mais leur efficacité est relative. Et la principale limite de ces techniques reste le coût. En effet la manutention importante et l’investissement à l’hectare (très onéreux) sont pour le moment incompatibles avec un vignoble de montagne et à taille humaine qu’est l’Irouléguy.

La mise en place de techniques de prévention adaptées au vignoble de l’Irouléguy pourrait bien être étudiée à l’avenir, afin d’anticiper une possible régularité dans ces épisodes de gel, jusqu’alors épisodiques et inhabituels pour l’appellation.

La récolte 2022 subira lourdement l’absence de raisins 

Un bourgeon déjà éclos, s’il a gelé, sèche, devient marron et tombe. Pour ceux qui sont “dans le coton”, il faut attendre plusieurs jours avant de constater les dégâts.

Même s’il est encore trop tôt pour savoir comment vont réagir les pieds de vignes après ce stress physiologique, on s’attend à un minimum de 50 % de perte de récolte. Une estimation plus précise sera effectuée à partir de fin avril, lorsque la pousse végétative aura repris.

Des pertes et des frais qui incombent aux viticulteurs, qui ne sont pour la plupart pas assurés. Cela s’explique par un coût élevé en raison d’une augmentation croissante des risques d’aléas climatiques.

Les bourgeons touchés par le froid brunissent et tombent...
...ce qui marque la perte de récolte à venir.

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